Comment la relaxation favorise le bien-être émotionnel des enfants?

Comment la relaxation favorise le bien-être émotionnel des enfants?

À travers votre expérience personnelle en yoga et en méditation vous avez certainement déjà essayé d’observer vos pensées. Est-ce que celles qui vous concernent sont positives ou négatives? Les remarques de notre mental sur nous-mêmes sont parfois dures. Il en est de même avec les enfants. Ils expriment souvent : « je ne suis pas bon en ceci ou cela », « je ne suis pas intelligent » ou « je n’y arrive pas ». Fort heureusement le yoga existe pour stimuler les enfants à modifier cette conception!

En yoga, les problèmes émotionnels sont considérés comme le résultat d’un déséquilibre entre manas shakti (énergie mentale) et prana shakti (énergie vitale). L’énergie mentale en excès est à l’origine de dépression, d’anxiété et de léthargie tandis qu’un excès de prana est à l’origine d’agressivité et comportements perturbateurs. Nous savons que le souffle, le mental et les émotions sont intimement reliés et le but du yoga est de rétablir l’harmonie par les postures (Asanas) et la respiration (Pranayama).

Le stress et la pression

À l’origine des pensées négatives ou des difficultés émotionnelles de l’enfant, il y a le mauvais stress et les pressions qui s’exercent sur lui dès son plus jeune âge, que cela vienne des parents, des horaires chargés ou des transitions difficiles. De plus, l’esprit de compétition présent dans la société (certains milieux plus que d’autres) se reflète dans sa vision du monde, de l’école, de la fratrie et d’eux-mêmes. L’idée qu’il n’est jamais assez bon, assez fort ou quoi que ce soit, s’installe petit à petit. Il devient alors de plus en plus dépendant de la validation de son entourage et moins apte à reconnaître ses forces et qualités.

Relaxation : une porte d’entrée au bien-être

Comment le yoga peut-il aider à éviter que ce mode de fonctionnement du mental s’installe pour de bon à mesure que l’enfant grandit? À mon avis, comme professeure de yoga pour enfants, la relaxation est une importante porte d’entrée pour leur apprendre le bien-être émotionnel parce que c’est d’abord à travers cette pratique que l’enfant va entrer à l’intérieur de lui-même et reconnaître ce qu’il vit, pour pouvoir aller plus loin. Petit à petit, la relaxation lui permet de mieux se connaître par les ressentis du corps et par les sentiments d’acceptation et de confiance qui s’installent. La détente et la confiance font en sorte qu’il développe son amour de soi et il a moins besoin de validations extérieures. Les compliments ou les louanges qui leur sont adressés gratuitement par des adultes (« bravo », « good job », « t’es bon(ne) », etc.) sont moins utiles que l’intérêt légitime que l’on porte sur ce qu’il vit, qu’il ressent ou qu’il exprime, car le grand défi ce n’est pas d’aimer l’enfant mais de lui apprendre à s’aimer de l’intérieur.

À la maison, on peut introduire la relaxation aux enfants par l’exemple, puisque le proverbe dit « rien n’est si contagieux que l’exemple ». Si le parent s’offre des petites pauses-relaxation, le jeune va finir par s’y intéresser et ce sera plus facile de prendre goût à ce moment de détente. Je crois qu’il nous revient, parents, grands-parents, tantes, oncles, enseignants, intervenants, etc., de le responsabiliser dans son bien-être en lui offrant des outils accessibles et adaptés à son âge.

Relaxation et apprentissages

Par ailleurs, un enfant qui apprend à gérer lui-même son stress est un enfant qui a plus de chances de s’épanouir et de réussir à l’école. Peu importe le milieu éducatif, la relaxation peut-être très bénéfique sous forme de moments calmes : mouvements doux, respirations, visualisations, etc. Parsemés ici et là, dans les activités de la journée, ces moments favorisent l’intégration des apprentissages tout en renforçant le système parasympathique, responsable de la capacité à se détendre. En conclusion, du point de vue du yoga aux enfants, la détente et la confiance en soi sont des facteurs essentiels pour leur bien-être émotionnel et, par conséquent, pour leur réussite scolaire.

Quand l’enfant a « goûté » à la relaxation, il est prêt à « habiter » les postures, à « comprendre » les respirations pour enfin aller plus loin vers la méditation et des pratiques plus approfondies. En prenant conscience de ces pouvoirs que lui offre le yoga, l’enfant apprend à devenir de plus en plus autonome émotionnellement et prêt à affronter les difficultés avec plus d’aisance et de confiance en lui. Si l’enfant de 5 ans sait où trouver un pansement pour son petit bobo au genou, il saura également comment prendre soin de son bien-être émotionnel dans la « pharmacie du yoga ».

Voici quelques suggestions de liens pour pratiquer la relaxation avec les enfants :

  • Une relaxation courte sous forme d’histoire pour faire les premiers pas en relaxation:

https://www.youtube.com/watch?v=4iTPgErZEUE 

  • Une visualisation un peu plus longue mais très relaxante en compagnie d’un petit chaton. https://www.youtube.com/watch?v=rjUHs8qXT1I
  • Yoga nidra pour les enfants qui ont déjà une petite expérience en relaxation :

https://www.youtube.com/watch?v=Fza9RW9NGTQ

  • Une très belle relaxation pour les ados :

https://www.youtube.com/watch?v=77kFjXj-gnA

Le yoga à l’école : Entrevue avec Francine Cauchy

Formatrice de yoga pour enfants au Québec depuis 2006, Mme Francine Cauchy a été enseignante et directrice d’école en France. Depuis 12 ans, elle partage son expérience avec des centaines des professeurs de yoga qui ont eu la chance d’apprendre auprès d’elle. Aujourd’hui, elle nous parle de l’enfant, du yoga à l’école et de son livre paru récemment.

Par Valesca da Costa Gehrs

Comment êtes-vous devenue professeure de yoga pour enfant?

Ma première expérience d’enseignement du yoga aux enfants a eu lieu en milieu scolaire. C’est à partir de cette expérience que je suis devenue formatrice. J’étais à la fois professeure de yoga et enseignante en France et je vivais un contexte difficile avec mes élèves; il me fallait les aider à éliminer des choses négatives qu’ils avaient enregistrées l’année précédente. J’avais besoin de faire quelque chose pour qu’ils aient une meilleure image d’eux-mêmes et de l’école, et une bonne relation avec l’enseignante que j’étais. Le yoga a été ma solution, et cela a fonctionné.

Plus tard, après en avoir demandé l’autorisation étant donné le système hiérarchique dans lequel j’évoluais, le yoga a été naturellement inclus dans le projet de l’école. J’étais alors directrice et enseignante, et j’ai pris en charge l’enseignement du yoga dans toutes les classes. J’ai vu rapidement les effets bénéfiques du yoga à la fois sur les enfants qui s’en rendaient compte et les appréciaient, et sur l’ensemble de l’école. L’ambiance générale était plus calme et les enfants plus disciplinés, plus attentifs en classe.

En fait, le projet a eu un succès fantastique. Tout le monde aimait ça. Mes collègues enseignants, mes supérieurs hiérarchiques, les parents, tout le monde trouvait ça super parce que les enfants étaient plus calmes, mais surtout parce qu’ils étaient plus attentifs.

À quelle époque était-ce?

Cela a commencé il y a plusieurs décennies. L’expérience s’est répétée par la suite lorsque mes collègues en exprimaient le souhait, jusqu’au début des années 2000.

Quels sont les principaux bienfaits du yoga pour les enfants?

Tout le monde demande aux enfants d’être calmes. C’est vrai, le yoga les calme. Ce n’était pas tout à fait ce que je voulais au départ. Pour moi, un enfant qui ne bouge pas, un enfant sage, ce n’est pas ce qui m’intéresse dans le yoga pour enfants. Ce qui m’intéresse, surtout, c’est que l’enfant exprime qui il est, qu’il canalise son énergie positivement dans ses apprentissages, quand il est à l’école, bien sûr, mais également pour lui-même, pour être bien dans sa peau et bien avec les autres.

Et cela passe par les postures, la respiration et toutes les pratiques de yoga en classe?

Oui, tout à fait. Toutes les pratiques de yoga restent les mêmes, que l’on s’adresse à des adultes ou à des enfants, mais elles sont adaptées aux enfants, que ce soit en classe sur chaise ou sur tapis, surtout pour les plus petits. Plus ils grandissent, plus on utilise des postures d’adultes. En revanche, les modalités de pratique varient selon l’âge. Elles sont plus dynamiques quand ils sont petits parce que leur système ostéo-articulaire est en croissance et qu’il serait dangereux de tenir les postures. Par conséquent, tout est dynamique. Puis, tranquillement, les postures statiques prennent place au fur et à mesure qu’ils grandissent. Pour la respiration, c’est pareil, il y a des modalités d’intégration, à savoir qu’avant huit ans c’est la respiration naturelle. On ne leur demande rien d’autre. On commence les pratiques de respiration à partir de huit ans, et ce n’est que vers onze ou douze ans qu’on commence à introduire la synchronisation entre la respiration et les postures, mais là encore, on ne les oblige pas à le faire, on leur demande surtout de bien respirer en tout temps.

Quelle serait la meilleure approche pour les adolescents? Il me semble qu’eux aussi ont besoin de yoga.

Je pense qu’ils en ont besoin au même titre que les autres. En fait, il faut les motiver à pratiquer. Que demandent les jeunes? Que ça bouge. Alors même s’ils sont en âge de faire des postures d’adultes, c’est-à-dire des postures statiques, on leur offre un yoga dynamique avec des séquences de postures qui bougent et qui les font se sentir bien et… contents. Il faut aussi varier les postures pour que ça reste intéressant pour eux. À un moment donné, ils ont envie de ralentir, comme tout le monde. Alors, tranquillement, on peut glisser des postures statiques, une, deux, trois… Ils commencent alors à y prendre plaisir et toutes les pratiques prennent leur place, comme les respirations et les visualisations qu’ils adorent et qui font appel à leur imagination, tout en leur permettant de se créer eux-mêmes à partir de ce qu’ils sont à l’intérieur et de créer leur vie. Toutes les techniques sont importantes pour les adolescents.

Et la relaxation? J’imagine que c’est plus facile à travailler avec les ados qu’avec les petits qui bougent tout le temps?

Cela change très vite pour tous. C’est vrai qu’au début, avec les petits, il faut que ça bouge. On ne les empêche pas de bouger non plus en relaxation, mais ce que j’ai constaté c’est que très rapidement ils ne bougent plus et qu’ils y voient un intérêt. Je dirais même qu’ils adorent toutes les petites visualisations parce que cela fait appel à leur imagination. Cela leur plaît beaucoup.

C’est d’ailleurs un peu la même chose pour tous, que ce soit pour les tout-petits, pour ceux d’âge primaire ou pour les ados. Il faut faire attention à ce que la relaxation soit très courte au départ, car il est vrai qu’ils peuvent au début considérer que « c’est plate » et le dire, surtout les petits, qui ont l’impression qu’on les envoie dormir. Donc, il ne faut absolument pas qu’une image négative de la relaxation se crée. Comme c’est un court moment de repos, ils s’y plient et l’apprécient. Tranquillement, on peut en allonger la durée.

C’est la même chose à tous les âges, même pour les adolescents. Au début, ils peuvent trouver ça ennuyeux de s’allonger pour relaxer, mais quand ils voient ce qui se passe, qu’en fin de compte on fait des choses intéressantes pendant la relaxation, ils aiment ça. C’est à nous d’être créatifs pour leur donner envie d’aimer ça. On peut aussi les faire participer, leur demander de nous dire ce qu’ils aiment et ce qu’ils n’aiment pas et les écouter, car cela fait aussi partie du yoga.

De plus en plus, certains pays adoptent le yoga à l’école. Même si, au Canada, on n’en est pas encore là, dans l’Ouest canadien, certaines commissions scolaires offrent des formations aux enseignants qui veulent pratiquer le yoga et la méditation de pleine conscience en classe. Comment cela se passe-t-il au Québec?

Au Québec, on commence à y penser depuis déjà un petit moment. J’ai la responsabilité de ce projet et je suis très motivée parce que j’ai déjà utilisé et intégré le yoga à l’école en France, même s’il ne faisait pas partie des programmes à l’époque.

Ici, l’idée fait son chemin depuis quelques années puisque des professeurs formés au yoga pour les enfants interviennent dans les écoles ou les CPE qui en font la demande. Et l’exemple du système éducatif italien et français (et d’autres encore) nous encourage à mettre ce projet d’intégration sur pied au Québec de manière plus systématique.

Le grand intérêt pour les enfants, et en fin de compte pour leurs facultés d’apprentissage, c’est de pouvoir découvrir et consolider la capacité de concentration qu’ils ont en eux. Mettez-les sur un jeu qui les intéresse et plus rien n’existe que ce qu’ils font. Ils ont donc cette capacité d’attention; il s’agit simplement de les amener à la développer.

De plus, le yoga permet de canaliser l’énergie de ceux qui sont les plus remuants ou parfois même hyperactifs, et de dynamiser ceux qui sont avachis sur leur bureau et qui ont l’air de dormir quand ils sont en classe. Cela veut dire qu’ils ont besoin de développer une énergie et de la mettre au service de leurs apprentissages. Le yoga leur permet de faire cela.

En quoi consiste le projet de yoga à l’école, dont vous êtes responsable, à la Fédération francophone de yoga?

Pour l’instant, j’en suis à construire un programme de façon à ce que les professeurs de yoga qui se rendent dans les écoles soient informés, entre autres, de ce qu’est l’école québécoise, du programme d’éducation et de tous les aspects de la croissance de l’enfant. Par ailleurs, les enseignantes, les éducatrices et le personnel intéressés par la formation auront une bonne base en yoga et dans toutes les pratiques. Actuellement, nous sommes à la recherche de personnes-ressources qui pourront nous aider dans ce projet, le but étant de faire reconnaître ce travail autant au Québec qu’au Canada.

Les responsables des écoles pourront alors être assurés des compétences du professeur de yoga pour enfant avant de l’engager?

Tout à fait. Il s’agit d’une formation professionnelle spécialisée qui sera certifiée par la Fédération francophone de yoga, basée sur la laïcité, le respect de l’école, le respect du cursus scolaire et des programmes. En lisant les programmes sur le site Web du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, j’ai pu constater que les compétences transversales développées en yoga — telles que l’attention, la concentration, la mémoire, la connaissance de soi, l’ouverture vers les autres, etc. — sont tout à fait bénéfiques aux apprentissages. Il faut également savoir que les bienfaits du yoga, toutes pratiques confondues, sont prouvés scientifiquement et que d’innombrables études existent à ce sujet.

Pour terminer, parlez-nous du livre que vous avez publié, le Guide pour aider l’enfant à grandir, réussir et s’épanouir[1], dans lequel vous proposez des routines simples de yoga. À qui s’adresse ce livre?

Il s’adresse à tous ceux et celles qui s’intéressent aux enfants et à leur devenir et qui ont envie de faire des exercices avec eux. C’est important, car actuellement on ne voit aucun enfant sans une tablette. Je ne dis pas que la tablette est inutile, mais je me dis qu’à longueur de temps cela a des effets néfastes, et les études sont là pour le prouver. Il faut aider les enfants à en sortir parce que cela les amène avec le temps à être de plus en plus dispersés, éparpillés; ils manquent d’attention et de concentration.

Le yoga leur permet de se reconnecter avec leur corps, avec la personne qu’ils sont, de revenir dans la réalité et de reprendre contact avec les autres. Le monde en a besoin.

  1. CAUCHY, Francine. Guide pour aider l’enfant à grandir, réussir et s’épanouir, Éditions Vie, 2017, 152 p.

 

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Pour savoir plus sur le travail de Francine Cauchy : www.institutvidya.org

Pour suivre le projet de yoga à l’école de la Fédération francophone de yoga, consultez la page “Yoga-santé pour les enfants du Québec” sur Facebook.

Lisez cet article à la page 34 du magazine Montréal pour enfants de l’hiver 2018.

Visitez le site de Montréal pour enfants: http://www.montrealpourenfants.com

Quatre postures pour renforcer le système immunitaire des enfants (et des parents!)

L’automne est arrivé au Québec!

Avec les couleurs et les odeurs enivrantes de cette saison surviennent des changements de température et les inconvénients et les risques qui y sont reliés! Ces variations jouent sur le système immunitaire et les enfants sont souvent les plus vulnérables. Vous pensez rhume, gastro, toux chez l’enfant ? Vous prévoyez déjà les nuits brisées et les lendemains difficiles tant pour votre enfant que pour vous?

(suite…)

Du yoga familial pendant les vacances

Avez-vous déjà fait du yoga avec votre enfant? Si oui, je vous encourage à continuer à développer cet outil puissant de connexion et de rapprochement. Sinon, essayez les suggestions que je propose dans cet article et profitez des vacances pour faire vos premiers pas.

Le yoga pour enfants se veut d’abord ludique et accessible. Par contre, comme pour toute démarche visant un but précis, cela exige un minimum de discipline. C’est le cas dans les cours de yoga pour enfants (en classe ou en studio) où le professeur cherche à établir un équilibre entre discipline (Tapas) et contentement (Santocha). Souvent les enfants auront plus tendance à être dans le contentement. La discipline est intégrée par l’enfant au fur et à mesure qu’il commence à comprendre ce qu’est le yoga ou ce qu’il n’est pas – pas un sport ni un moment de recréation.

D’un autre côté, le yoga familial (ou yoga parents-enfants) se veut une pratique plus décontractée, où la discipline aura moins d’importance. C’est le yoga idéal à pratiquer pendant les vacances ou les fins de semaine parce que tout est déjà plus facile quand nous ne sommes pas débordées par les tâches quotidiennes.

Les postures à deux sont particulièrement appropriées dans le yoga familial. Pour débuter, vous pouvez vous inspirer en allant à la bibliothèque ou en regardant des vidéos en ligne. Ma fille de 9 ans et moi feuilletons un livre et suivons les postures qui nous inspirent. La durée dépend de l’intérêt de l’enfant, de son énergie et de l’heure de la journée. Entre 10 et 30 minutes, c’est parfait au début. Envisagez un endroit comme la maison, le parc, le camping, la plage… Commencez par une respiration comme celle de l’abeille (Bhramari pranayama), où on inspire profondément et on expire en faisant le bruit de l’abeille en plaçant les mains sur les oreilles. Inspirez-vous de vos propres cours de yoga, vous pouvez toujours chanter le « OM » ou faire chanter le bol chantant, si vous en avez un, dans le but de ramener l’attention sur le moment présent pour débuter le yoga.

Ensuite, des postures simples comme, par exemple, celle du chat (Marjariasana) et celle du chien tête en bas (Adho mukha svanasana), pour réchauffer la colonne vertébrale et dynamiser le corps. La salutation au soleil est aussi une bonne option comme réchauffement. Enfin, des postures en duo, pour le plaisir de s’amuser et de se connecter plus profondément. Pour terminer, une petite relaxation avec musique (ou le son de la nature), allongées sur le sol, main dans la main. Ou encore, un petit échange de massages de pieds ou de mains (pourquoi pas les deux?) et des petits mots positifs pour partager et renforcer l’expérience en vue de la prochaine fois.

N’oubliez pas: privilégiez le contact visuel, le toucher, les mots positifs, essayez de coordonner vos respirations… Amusez-vous, riez, répétez ou changez de posture si l’enfant vous le demande.

Ne forcez rien et ne vous attendez pas à ce que ce soit une « séance parfaite ». Et si vous avez un studio près de chez vous qui offre du yoga familial, sautez sur l’occasion et goûtez au petit plaisir de pratiquer le yoga avec votre enfant.

Bon été et bonnes vacances!

La perfection: réfléchissons et parlons-en à nos enfants à Noël

Belle-maman disait souvent : « Ce qui mérite d’être fait mérite d’être bien fait.» Je suis pleinement d’accord avec elle et je ressens dans cette phrase tout l’amour avec lequel elle accomplissait des choses. Mais d’une certaine façon, cette phrase me ramène aux souvenirs de mon enfance où, par exemple, même si j’arrivais à avoir une note comme 80% dans un examen difficile, je me faisais dire: « la prochaine fois, tu pourrais faire mieux ». La perfection nous a été transmise de différentes façons… Aujourd’hui, avec mon expérience du yoga, je préfère dire: « Ce qui mérite mon attention mérite que je m’y mette avec joie. » Et je suis sûre que belle-mère aurait aimé dire cette phrase aussi!

Pourquoi aborder ce sujet ? Parce que la quête de perfection est un sujet très présent chez les enfants et je le constate dans mes cours de yoga. On entend souvent dans les cours de yoga «Respectez vos limites !» « Respectez votre corps ! » C’est la même chose en yoga pour enfants. Au début, ils ne comprennent pas tout à fait ce que ça veut dire, mais après un certain temps, ils acceptent d’adapter une posture, d’être plus patients envers eux-mêmes, et de travailler leur détermination (Tapas), que nous appelons ensemble « l’effort joyeux ».

L’autre jour, ma fille de 9 ans est venue m’annoncer, très sérieuse, qu’elle avait appris une leçon. Elle me dit: « Des fois, on se soucie trop de bien faire les choses et le résultat n’est pas nécessairement beau et d’autres fois, si on n’y pense pas trop, le résultat est meilleur! ». J’étais bouche bée ! Je lui demande alors comment elle en est arrivée à cette merveilleuse conclusion. Elle répond : « Avant de partir avec papa pour notre promenade je me suis fait un chignon sans trop y penser, et c’était le plus beau chignon que je me suis jamais fait. D’autres fois, quand j’essaie de le faire parfaitement, ce n’est jamais réussi !»

À l’instar de la « leçon » qu’avait apprise ma fille, je voulais aborder ce sujet parce que le temps des Fêtes peut être un moment propice à la réflexion en famille. J’aime l’idée de « grandir » ensemble! La perfection expliquée aux enfants pourrait avoir deux aspects: la perfection « positive », celle qui nous apporte du plaisir et de la fierté tout au long du processus, et la perfection « négative », celle qui nous dérange, qui nous empêche d’être satisfait et de passer à autre chose. Pour aller plus loin, nous pouvons faire le lien avec la philosophie du yoga, notamment avec Bramacharya, qui veut dire « modération ». Selon les Yoga sutras de Patanjali, être dans la modération nous apporte une grande énergie intérieure, et « ce sont les excès et les extrêmes qui provoquent le déséquilibre et consomment notre énergie ». Avez-vous déjà réfléchi à ça? Même si c’est tout à fait légitime de vouloir bien faire les choses, mieux vaut viser une perfection « équilibrée », détachée des résultats. Comme effet, on se sentira plus léger, en lien avec soi-même, capable de surmonter un échec, plus détendu, plus dans la joie! C’est facile à dire, mais pas souvent facile à l’appliquer. Mais en bout de ligne, n’est-ce pas ce que nous souhaitons pour nous et nos enfants?

Alors je vous mets au défi de vous prêter au jeu. Profitez-en pour pratiquer la « perfection imparfaite » ou « l’imperfection parfaite » avec vos enfants ! Et pourquoi pas, jouer à réinventer des postures… sur la neige! Amusez-vous!

Joyeux Noël et bon temps des Fêtes!

 

Et si on éduquait nos enfants à la joie?

Voici un article qui remet en question nos façons de faire en éducation et qui rejoint ma façon de voir les choses. Soyons le changement que nous souhaitons voir dans le monde, disait Gandhi. Alors soyez le changement que vous souhaitez voir chez vous, dans votre école, partout!

Bonne lecture!

Source: http://quebec.huffingtonpost.ca/antonella-verdiani/enfant-bonne-education-heureux_b_3654448.html

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Notre monde tue ce qu’il y a de plus noble dans les êtres humains, les enfants en premier: la capacité de rêver, de se projeter dans la vie. Ma conviction c’est que l’on peut éduquer à la joie, vers la joie, dans la joie. C’est une nouvelle façon d’approcher l’éducation que je propose, avec le support d’une recherche doctorale et une pratique de terrain.

Antonella Verdiani contribue au réseau TEDxVaugirardRoad. TEDxVaugirardRoad est un événement sous licence TED résolument centré sur l’humain. Retrouvez son actualité sur TEDxVaugirardRoad.com

Chacun de nous recèle un don, un talent inné qui, s’il est respecté et honoré, nous transformera en être humain heureux, en contact avec sa joie de vivre, en accord avec lui-même et avec les autres.  L’éducation a le devoir de reconnaître ce trésor, de le révéler et d’aider chaque personne à le développer.

Malheureusement, ce n’est pas ce qui arrive ni dans nos écoles, ni dans notre façon de voir l’éducation. Les pratiques de sélection, d’évaluation, de compétition, de non-respect des dons ou des intérêts des enfants sont si courantes qu’elles sont considérées comme banales, normales. Ainsi, elles donnent lieu à ce que l’on pourrait définir une « cruauté ordinaire » que notre monde, notre système éducatif en tête, continue à leur infliger… alors que l’on peut communiquer avec les enfants et éduquer par la bienveillance, l’attention, la confiance. C’est ainsi que notre monde tue ce qu’il y a de plus noble dans les êtres humains, les enfants en premier: la capacité de rêver, de se projeter dans la vie.

Ma conviction c’est que l’on peut éduquer à la joie, vers la joie, dans la joie. C’est une nouvelle façon d’approcher l’éducation que je propose, avec le support d’une recherche doctorale et une pratique de terrain.

Reliance

La nature de la joie pourrait être nommée « reliance ». Sa signification profonde se trouve dans les racines sanskrites du mot yuj qui est traduit par « union de l’âme individuelle avec l’esprit universel ». Plusieurs dimensions existent qui qualifient la reliance: sociale, psychosociale, économique, psychologique, philosophique, transcendantale… Je me limiterai ici à n’en citer que deux types, celle qui suit un mouvement vertical, à la fois transcendant et immanent et celle qui suit un mouvement horizontal, social et psychosocial. Dans cette vision, la joie se trouve au centre même de ces deux pulsions, au cœur de l’homme.

Au niveau symbolique, cette union est représentée par la croix au centre de laquelle nous retrouvons, au cœur de l’homme relié, la joie. C’est une joie qui de simple émotion peut devenir un état de l’être. Manifestation de l’union de l’âme individuelle avec une dimension supérieure, elle investit la totalité de l’être et, de façon indirecte, tous les aspects de l’existence car elle y « contribue », comme le dirait Spinoza. Elle nous ramène au concept de joie de vivre en tant que sentiment exaltant ressenti par toute la conscience. Elle est « le lien qui nous libère en nous reliant à nous tous » comme la définit le philosophe Bruno Giuliani.

C’est surement aussi ce sentiment d’engagement total et de réussite, le flow de la psychologie positive, que l’on peut observer chez des enfants lorsqu’ils sont totalement plongés dans ce qu’ils aiment faire, danser, dessiner, jouer, pendant des heures sans un brin de fatigue.

Qu’est-ce que cela a à voir avec l’éducation, pourrions-nous demander ?

Cultiver là où c’est déjà fertile

La prise en compte d’une telle considération dans les sciences de l’éducation est primordiale. Car si l’on arrivait à valoriser, favoriser et même provoquer cet état de connexion chez les enfants, on pourrait de cette façon ouvrir, non seulement des horizons de bien-être, mais aussi une nouvelle façon d’apprendre. Ce serait apprendre non seulement sans fatigue, mais avec plaisir, comme lorsque, au lieu de passer des heures à faire quelque chose qu’on n’aime pas faire (et que, des toutes les façons on va vite oublier), on cultive ce que l’on aime. C’est un simple principe écologique emprunté à la permaculture, cette branche de l’agriculture permanente, fondamentalement éthique, qui utilise une approche systémique et soutenable pour les populations : cultiver là où c’est déjà fertile, là où le vivant pousse sans effort.

Concrètement, à l’école, si l’on observe un enfant naturellement doué pour le dessin ou les activités artistiques, on ne le forcera pas à étudier les mathématiques au même rythme des autres, pour l’uniformiser avec le reste de la classe qui suit le programme. Au contraire, on cherchera à valoriser son don, en le développant davantage, car c’est par la prise de conscience et la connaissance de sa propre richesse qu’il pourra ensuite aller vers d’autres disciplines. C’est tout simple, même trop simple pour certains, car c’est facile et direct et cela ne demande pas aux enseignants de s’acharner sur l’élève en l’obligeant à apprendre ce qui ne l’intéresse pas. C’est ce qui arrive dans plusieurs écoles dans le monde, à la Brockwood Park School en Angleterre, dans les écoles du Libre Progrès en Inde, à l’école I Saltafossi en Italie, ou encore à la Living School en France, où les programmes sont choisis par les étudiants eux-mêmes, selon leurs centres d’intérêts et surtout selon ce qu’ils « aiment » faire, ce qui provoque en eux une véritable joie d’apprendre et de progresser.

Il y a plus d’un siècle, Maria Montessori affirmait que « la joie d’apprendre est aussi indispensable à l’intelligence que la respiration aux coureurs… » Comme elle, d’autres pédagogues, des philosophes, des sages (Krishnamurti, Steiner, Freinet,…) l’avaient également compris, mais on ne peut pas affirmer que leur action ait servi d’exemple pour les systèmes éducatifs publics actuels. Ces écoles « qui rendent nos enfants heureux » sont encore trop peu nombreuses et souvent l’apanage des élites, alors que, paradoxalement, leurs pédagogies avaient été étudiées pour des enfants d’ouvriers.

Un printemps pour l’éducation

La « bonne nouvelle » dans ce panorama peu réconfortant est que (grâce à une crise qui devient opportunité de changement), nous assistons aujourd’hui à un phénomène de réveil, de renaissance surtout au niveau local, citoyen. Car de plus en plus d’enseignants, d’éducateurs et de parents, systèmes public ou privé confondus, ont non seulement repris le flambeau des pédagogues visionnaires du passé, mais ils inventent d’autres méthodes, des pratiques nouvelles, centrées sur la liberté des enfants, dans le respect des autres, de la terre, mais aussi de leurs rythmes, de leurs rêves…

C’est pourquoi une alliance pour le renouveau de l’éducation, est née: le Printemps de l’éducation… pour provoquer la rencontre, partager les solutions pédagogiques, en inventer d’autres. C’est une contribution à la transition vers l’action pour l’humanité entière, notre participation de colibris: passer d’une culture de la guerre à une culture de la paix et de la joie de vivre.